Chers amis,

En cette période de pandémie du coronavirus qui nous éprouve tous, après plus de deux mois de confinement, je veux tout d’abord vous dire combien je vous porte dans mes pensées et mes prières. Mais, je me dois de vous dire aussi que je suis inquiet quant à l’impact de la situation sur nos finances diocésaines et paroissiales.

Notre diocèse fut l’un des premiers touchés avec l’apparition des zones « cluster ». Dès le départ, nous nous sommes conformés aux exigences sanitaires, soucieux de protéger les personnes, leur santé et leur vie. Le 17 mars dernier, le confinement général a été décrété et nous a imposé de ne plus nous rassembler dans nos églises : célébrations publiques de la semaine sainte annulées, pas de participation communautaire aux messes dominicales, obsèques limitées à 20 personnes, mariages ou baptêmes reportés, événements diocésains annulés, accueils des presbytères fermés… L’interruption de la mission a été une souffrance pour tous.

Pour autant, dans nos paroisses comme au niveau diocésain, les chrétiens se sont mobilisés pour traverser cette période dans un esprit de communion et de fraternité. La prière a été nourrie d’une façon renouvelée. Les messes ont pu être vécues en direct grâce à nos moyens de communication : messes quotidiennes et prédication d’une retraite diffusées sur les ondes de RCF Sud Bretagne, offices de la semaine sainte et messes dominicales retransmis sur la chaîne Youtube et le site internet du diocèse ainsi que sur RCF.

D’une façon souvent discrète et grâce à de nombreux volontaires, différentes initiatives ont pu voir le jour : accueil des enfants de soignants par l’Enseignement catholique ; aide aux personnes âgées, fragiles ou malades -écoute, suivi, aide aux achats alimentaires ou aux démarches médicales- organisée par de nombreux prêtres en paroisses, par le service de la Diaconie et la Mission étudiante Memo ; liens téléphoniques avec les personnes isolées, sacrement des malades, fabrication de masques, sans oublier la mise en place d’un numéro vert permettant d’accueillir et d’orienter les personnes vers les prêtres et bénévoles de leurs paroisses en fonction de leurs demandes ou besoins exprimés.

Malgré les contraintes imposées, nous n’avons pas subi ce temps d’épreuve, mais nous l’avons investi pleinement pour continuer à nourrir et faire grandir notre foi, témoigner de notre espérance et vivre la charité. Mais l’avenir des moyens nécessaires à la mission est menacé.

Depuis le 17 mars, nous ne recevons presque aucune de nos ressources courantes : quêtes, offrandes de messes, casuel (participation aux frais lors de la célébration d’un sacrement), recettes des fêtes patronales et des pardons, denier de l’Eglise en nette diminution. Du temps va être nécessaire avant la reprise normale de nos activités. Quelques placements financiers qui permettaient d’équilibrer le budget du diocèse se sont effondrés. Nous continuons, en revanche, à devoir assurer le traitement des 250 prêtres du diocèse et des 80 salariés, l’entretien des bâtiments, les charges diverses dans les paroisses, de même que le soutien et les aides auprès des plus pauvres.

Plus que jamais, nous avons besoin de votre confiance et de votre soutien pour qu’en Morbihan, « Terre aux 1000 clochers », le diocèse et ses paroisses aient les moyens de poursuivre, dans de bonnes conditions, leur oeuvre d’évangélisation et leur présence auprès de chacun.

Je sais que je peux compter, d’une façon exceptionnelle, sur votre générosité.

Soyez assurés de ma prière fervente et sincère pour chacun de vous.

Raymond Centène
Evêque de Vannes

Vannes, le 11 mai 2020