Nous ne sommes pas les seuls à souffrir de ne pas pouvoir nous rassembler

En apprenant officiellement que nous ne pourrons pas nous rassembler avant juin, mon cœur s’est immédiatement tourné vers nos frères et sœurs de confessions juives, musulmanes, ainsi que vers nos frères et sœurs chrétiens orthodoxes et protestants avec qui le chemin de l’unité est toujours à consolider. Tous nous souffrons de ne pas pouvoir nous rassembler.

Cette interdiction est avant tout un service qui nous est rendu, et que nous rendons aux autres.

Ce temps de confinement est l’occasion de prendre le temps de réfléchir à des sujets fondamentaux… à repositionner nos priorités… à regarder ce qui est beau et bon. En d’autres mots à retourner à l’essentiel de ce qu’est la vraie vie.

C’est toujours dans l’absence que l’être humain se rend compte de l’importance de quelqu’un dans sa vie, ou alors de quelque chose. Nous le mesurons certainement d’une manière très forte en cette période où il ne nous est pas possible de retrouver nos proches, et encore moins de les prendre dans nos bras. Peut-être éprouvons nous aussi le manque du rassemblement dominical ! Ce temps de confinement est l’occasion de réfléchir à son importance. Seul, il est effectivement plus difficile de tenir dans la durée.

Avant d’arriver à vivre en plénitude la dimension communautaire, il est bon de revenir à la source qu’est la relation personnelle de l’Homme avec le Dieu Créateur.

Le premier lieu de la rencontre entre deux êtres bien vivants est bien l’intimité du cœur. L’image de la chambre nous est donnée par Jésus en Matthieu 6,6.16-18 : « Retire toi dans ta chambre et prie » …. « Ton Père voit dans le secret ». S’il nous arrive donc de prendre un temps pour la prière dans notre chambre ou ailleurs, n’oublions pas que c’est d’abord dans le cœur à cœur que le Père nous attend.

Le deuxième lieu est la cellule familiale… première cellule de la vie communautaire. Au début de ce confinement, je vous invitais à allumer une lampe à 18 h 30 pour écouter la Parole de Dieu en famille avec cette certitude de la présence du Ressuscité : « Là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ». Matthieu 18,20

Le troisième lieu est le rassemblement communautaire d’un peuple de croyants. Avec nos limites et nos manques, avec nos faiblesses et nos pauvretés, venant d’horizons différents, nous nous réunissons en famille répondant ainsi présent à un appel intérieur.

Toutes ces étapes nous conduisent et nous conduiront à ce grand jour où nous pourrons enfin nous retrouver en famille.

Le rassemblement n’a pas pour vocation de nous enfermer, mais bien au contraire, de nous envoyer au cœur du monde. C’est tout le contraire des gourous qui disent : « Restez ici ». Pour les chrétiens que nous sommes et que nous essayons d’être, lorsque le prêtre prononce ces mots à la fin de la messe : « Allez dans la paix du Christ «, nous entendons alors cette invitation à retourner dans nos maisons, dans nos entreprises, dans nos quartiers, dans nos écoles pour témoigner de notre foi et surtout pour en vivre. Oui, cela ne suffit pas de croire en Dieu, il nous faut rendre vivante cette foi par nos actes : « Si quelqu’un prétend avoir la foi alors qu’il n’agit pas, à quoi cela sert-il ? » Saint Jacques 2,14-24.26

Solitaire ! Dieu ne l’est pas. Il aime venir à la rencontre de l’Homme parce qu’il a soif de cette relation.
Enfermé sur lui ! Dieu ne l’est pas. Il se donne sans rien attendre en retour sinon que notre bonheur.
Père ! Il l’est et comme tout père de famille, il aime quand ses enfants se rassemblent.
Dieu… on ne le confine pas.

Nos rassemblements sont donc la préfiguration sur cette terre de ce que nous vivrons sur l’autre rive lorsque nous aurons terminé notre pèlerinage.

En attendant de nous retrouver, protégez-vous ainsi que les vôtres. Gardons l’espérance de nous réunir dans nos villes et villages, dans nos cinémas et restaurants, dans nos bars. Gardons l’espérance de nous réunir dans nos églises, nos mosquées, nos synagogues, nos temples.

En avant dans l’espérance.

Le samedi 25 avril 2020
Père Simon Baron – curé de Ploemeur et de Larmor-Plage

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LA GRANDE SEMAINE : la semaine sainte

Qui aurait imaginé vivre un tel carême ! Qui aurait imaginé une telle traversée du désert. Regardons dans nos rétroviseurs – cette traversée a été celle de nos ancêtres à bien des époques, et dans des circonstances qui ne se ressemblaient pas toujours. Elle est aujourd’hui la nôtre, et plus particulièrement pour beaucoup de personnes à travers le monde touchées par ce virus pourtant invisible à nos yeux de chair. Plus que jamais, nous découvrons qu’il y a bien une réalité invisible.

En marchant un soir, voilà que je croise un médecin – occasion nous a été donnée d’échanger sur son quotidien. Au bout d’un moment, il me dit d’une voix grave : «Comment ! Nous n’allons donc pas pouvoir nous rassembler à Pâques ! Mais quelle tristesse ! Nous allons devoir vivre Pâques à la maison !». Ses mots m’ont profondément touché. Et oui, nous allons devons faire l’expérience de vivre la Semaine Sainte… la grande semaine chez nous… vivant ainsi l’expérience des premiers chrétiens.

Par peur des romains, bien des fois, les premiers chrétiens ont dû être confinés chez eux. Burinés par la peur, voilà qu’ils font l’expérience d’être rejoints par le Ressuscité le jour de Pâques. Avant de célébrer ce grand jour qui a bouleversé leur vie, ils ont suivi pas à pas Jésus dans sa Passion.

Mettons aussi les nôtres dans les siens… Suivons-le à Jérusalem le jour des Rameaux (Matthieu 21,1-11). Monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse, Jésus est acclamé comme roi. Il est attendu comme ce libérateur qui les sauvera du joug de l’occupant romain. Il est certainement attendu comme chef de la rébellion… combien seront déçus ! Dans ce contexte social très rude, il dira : «Tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée» (Matthieu 26,52). Il rajoutera : «Mon Royaume n’est pas de ce monde» (Jean 18,36). Suivre ce roi, c’est combattre toutes formes de haine – c’est accepter de servir au lieu d’être servi – c’est faire le choix de l’humilité plutôt que de la gloire.

Le soir du Jeudi Saint, Jésus offrira à ses disciples ce qu’il y a de plus  grand : lui-même : «Prenez et mangez ceci est mon corps… ceci est mon sang livré pour la multitude» (Luc 22,19). Il leur montrera aussi un magnifique exemple. Lui, leur maître et Seigneur, prendra le tablier du service, et se mettant alors à genoux, leur lavera les pieds : «Je vous ai donné un exemple afin que vous fassiez comme je vous ai fait» (Jean 13,15) et il rajoutera : «A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l’amour les uns pour les autres» (Jean, 13,35). Aujourd’hui encore, au cœur de cette traversée du désert que nous vivons, beaucoup de nos contemporains conjuguent le mot amour dans l’ordinaire de leur vie. Merci à eux. Même si un certain nombre ne se réfèrent pas à la foi, nous savons que, comme le vent souffle où il veut, le Ressuscité agit dans les cœurs droits.

Le Vendredi Saint est ce moment où Jésus fait l’expérience de la peur… de l’angoisse… de la souffrance physique et morale. Il est en de même pour combien de gens aujourd’hui… peut-être vous-mêmes qui lisez en ce moment cet article ! Au cœur de cette nuit, il s’en remet dans une totale confiance à son Père : «Père, qu’il me soit fait selon ta parole» (Luc 1,38).

Le Samedi Saint… la mort… le vide… le silence…

Le dimanche de Pâques… Voilà la grande nouveauté… la grande espérance… les disciples n’auraient jamais imaginé la vivre. Oui il est vivant celui qu’ils ont vu mort… crucifié sur le bois de la croix. Oui Jésus est vivant.

Aujourd’hui encore, le Ressuscité est vivant dans notre aujourd’hui, et il nous promet sa présence «jusqu’à la fin des temps» (Matthieu 28,20). Il ne cesse d’agir à travers nos gestes aimants. Il ne cesse d’agir lorsque nos cœurs sont habités par le désir de remettre l’Homme debout : « Lève toi et marche » (Actes 3,6).  «Sois un vivant ! Quelque soit ton passé… tes erreurs… ton péché… avance» nous dit le Christ. Il ne cesse d’agir dans ce qu’il y a de plus petit… de plus vrai… de plus aimant… de plus humble.

Joyeuses fêtes de Pâques à vous… à vos familles. Joyeuses fêtes de Pâques à vous qui œuvrez chaque jour sur le terrain pour soigner, écouter, et redonner de la dignité humaine.

Joyeuses fêtes de la Vie.

Joyeuses fêtes de Pâques.

Vendredi 3 avril 2020

Pour Carole et Christine (laïques en mission ecclésiale)

Pour les Pères Jean et Pierre                                                                                                                           Père Simon Baron – curé de Ploemeur et Larmor-Plage

POUR VIVRE LA SEMAINE SAINTE TOUS ENSEMBLE EN COMMUNION AVEC NOTRE EVÊQUE

Les cloches sonneront à la même heure dans toutes les paroisses.

Les prêtres célébreront en privé aux jours et heures indiqués.

HORAIRE DES CELEBRATIONS

. Dimanche des Rameaux : 5 avril. Messe à 11 h 00. Si vous le pouvez à la maison, munissez-vous d’un rameau que vous pourrez tenir en main pendant leur bénédiction.

. Messe chrismale : Le mardi 7 avril à 11 h 00 en présence de quelques prêtres qui répondront au nom de tout le presbyterium au renouvellement des promesses sacerdotales. Les huiles y seront bénites et le saint chrême consacrée.

. Jeudi Saint : 9 avril à 18 h 00

. Vendredi Saint : 10 avril

            . Chemin de croix à 15 h 00.

. Célébration de la Passion à 18 h 00. Dans la prière universelle, une intention spéciale pour ceux qui sont dans une situation de désarroi, les malades, les morts.

. Veillée pascale : Samedi 11 avril. Messe à 21 h 00.

. Dimanche de Pâques : 12 avril. Messe à 11 h 00.

. Tous les offices que Mgr Centène présidera seront retransmis par RCF Sud Bretagne (Radio Sainte-Anne), mais également en vidéo via le site internet du diocèse, depuis la chapelle du séminaire à Vannes.